En Crimée l'année dernière, les autorités de facto ont poursuivi leur politique de répression de toute dissidence. Les chefs de file de la communauté tatare de Crimée qui osaient dénoncer ouvertement l’occupation et l’annexion illégale de la péninsule par la Russie n’avaient qu’une alternative : l’exil ou la prison. En Turquie, après la tentative de coup d’État de 2016, des dizaines de milliers de personnes étaient toujours en détention parce que perçues comme critiques à l’égard du gouvernement. Désormais, les médias grand public s’abstenaient généralement de critiquer l’action des pouvoirs publics. Plus d’une centaine de journalistes ont été jetés en prison, soit plus que dans n’importe quel autre pays, et y ont souvent été maintenus pendant des mois, sur la foi d’accusations fallacieuses. En Europe de l’Est et en Asie centrale, la principale évolution positive a été la libération de plusieurs personnes détenues depuis des années, dont des prisonniers d’opinion, en particulier en Ouzbékistan. Des prisonniers d’opinion ont également été libérés en Azerbaïdjan, mais, les autorités n’ayant pas renoncé à leur politique de répression, d’autres ont pris leur place. En Russie, le prisonnier d’opinion Ildar Dadine, première – et pour l’instant seule – personne à avoir été incarcérée aux termes d’une récente loi érigeant en infraction pénale la violation répétée des restrictions draconiennes apportées aux rassemblements publics, a été libéré et acquitté à la suite d’un arrêt de la Cour constitutionnelle.