L’enquête Emploi conduite chaque année par l’Insee permet de comparer les niveaux d’éducation observés dans la population accueillie au Secours Catholique à celle de la population générale vivant en France, et ainsi de calculer des indices de fragilité selon différents niveaux d’éducation et en fonction de la nationalité, pour différentes années. Les résultats montrent que, d’une certaine manière, les études assurent une protection contre la pauvreté. En effet, les individus avec un faible niveau d’études, qu’ils soient français ou étrangers, sont nettement surreprésentés dans la population accueillie au Secours Catholique par rapport à la population générale. Au contraire, les individus d’un niveau d’études supérieur sont sous-représentés. À faible niveau d’études, les étrangers sont dans une situation moins précaire que les Français. Cela est vrai pour le niveau primaire, mais plus encore pour le niveau secondaire. Dans cette catégorie en effet, les étrangers accueillis au Secours Catholique sont sous-représentés, alors que les Français sont à l’inverse surreprésentés. Cela indique que les étrangers dits non qualifiés parviennent mieux que les Français à atteindre un niveau de vie qu’ils jugent acceptable. Cette relation s’inverse pour les individus avec un niveau d’études supérieur : les étrangers sont alors légèrement plus fragiles que les Français. L’hypothèse d’un « plafond de verre », c’est-à-dire une difficulté plus grande pour l’accès à un emploi de qualité des étrangers, même à niveau d’études élevé, et des rendements plus faibles de l’éducation pour ceux-ci peuvent expliquer cet écart. L’évolution au cours du temps de ces indices montre que s’ils restent surreprésentés dans les accueils du Secours Catholique, les Français avec un faible niveau d’études occupent une proportion de moins en moins importante. Les indices des Français ayant un niveau d’études plus élevé eux augmentent, leur proportion a augmenté plus vite au Secours Catholique qu’au sein de la population française générale, signe qu’ils sont de plus en plus fragiles. En particulier, les Français d’un niveau d’études secondaire, alors qu’ils étaient sous-représentés en 2006, sont surreprésentés depuis 2010. Ce résultat pourrait indiquer que le baccalauréat protège de moins en moins de la précarité, car de plus en plus de personnes ayant ce niveau d’études sont accueillies au Secours Catholique. L’évolution des indices de fragilité des étrangers elle montre une instabilité importante d’une année à l’autre, mais une stabilité globale sur les quinze dernières années. Cette instabilité interannuelle s’explique par le faible taux de réponse des étrangers aux questions portant sur l’éducation et par des difficultés à renseigner un niveau d’études précis dans le cas de personnes étrangères et non francophones accueillies par le Secours Catholique.