En Hongrie, le Premier ministre Viktor Orban n’hésite pas à évoquer publiquement des pratiques qui violent les normes internationales fondamentales. Il insiste sur le fait que « l’identité européenne est enracinée dans le christianisme » et se réfère au soi-disant « droit de décider que nous ne voulons pas davantage de musulmans ». Le gouvernement Orban a installé des clôtures de fil barbelé et a poursuivi en justice des demandeurs d’asile qui les avaient franchies. Il a volontairement attisé les sentiments anti réfugiés en dépensant des millions de deniers publics dans une campagne de dénigrement. Il s’agissait d’appuyer un référendum pour refuser d’honorer l’engagement européen de la Hongrie de reloger des demandeurs d’asile réfugiés en Grèce et en Italie, déjà débordées. En apparence, l’objectif de ce type de politiques est d’empêcher les demandeurs d’asile et les migrants d’entrer dans le pays, mais elles visent aussi, pour le gouvernement, à mobiliser le soutien populaire. Pendant la campagne électorale de Donald Trump pour la présidence américaine, il appelait ouvertement à des pratiques qui constitueraient des crimes de guerre selon le droit international humanitaire. Il louait par exemple les vertus de techniques d’interrogatoire telles que la simulation de noyade (waterboarding), « et même pire », écartant les voix qui désapprouvent de telles pratiques, les qualifiant de « trop politiquement correctes ». Quand on lui a rappelé que la torture était illégale, Trump a juré qu’il s’efforcerait de changer les lois. Évidemment, gouverner n’est pas la même chose que faire campagne. Suite à son élection, Trump a déclaré à 60 Minutes et au New York Times que la torture « ne serait pas aussi efficace que ce qu’on pense en général. » Ce type de rhétorique pose de graves problèmes. Quand Trump se focalise sur le degré d’efficacité de la technique, il passe à côté de l’essentiel. Le droit international énonce clairement qu’aucune urgence nationale, aussi désespérée soit-elle, ne peut justifier le recours à la torture. Par ailleurs, le fait que Trump ait choisi le Lt Gal Michael Flynn comme conseiller en sécurité nationale est la manifestation d’un inquiétant mépris des principes des droits humains et du droit applicable aux situations de guerre puisque, même quand on lui a posé la question directement, Flynn n’a pas écarté l’éventualité d’utiliser le waterboarding, ce qui constituerait une forme de torture.