En Province

24 octobre 2017

La marque et la plume

Depuis quelques années, les marques se sont mises à produire du contenu et sont en passe de devenir des médias à part entière. Ce qui va d'ailleurs complètement révolutionner le paysage médiatique, lorsque cette pratique commencera à se généraliser. Mais le contenu de marques n'en est encore qu'à ses balbutiements, et une question revient souvent dans ce domaine. Jeudi dernier, j'ai été envoyé à Londres pour suivre un meeting dédié au brand content, où plusieurs personnes ont, une fois n'est pas coutume, posé l'éternelle question : une marque doit-elle se mettre en avant ou rester dans l'ombre lorsqu'elle propose un contenu de marque ? La question est plus malaisée qu'il n'y paraît. Si la marque s'y exhibe un peu trop, cela gêne la manière dont le contenu est perçu, quitte à le faire basculer dans l'autopromotion et à lui faire rater son objectif. D'un autre côté, si la marque ne transparaît pas suffisamment (dans ou aux abords du contenu proposé), tous les efforts fournis pour forger un contenu de valeur ne sont d'aucun bénéfice pour la marque. Certains indicateurs ont tendance à pousser la marque à pencher vers le trop visible. D'une part, la marque qui engage une somme conséquente pour édifier un contenu de qualité veut le faire savoir (et c'est bien naturel) pour en tirer le meilleur R.O.I. D'autre part, il faut également laisser le public déterminer le plus tôt possible qui est l'émetteur du contenu. En effet, il n'est plus besoin de prouver à quel point les personnes découvrant un contenu ressentent de la gêne quand elles ignorent qui est à sa source. Et si le locuteur se révèle en définitive être une marque, l'impression de s'être fait duper domine chez la personne, et dénature la réception du contenu, même si celui-ci était de grande qualité. Comme on le voit, cette question a donc de multiples ramifications. Une réponse courante faite à ce problème consiste à conseiller l'équilibre : en gros, la marque doit être visible sans être trop ostentatoire. Un sage conseil qui semble aussi précis qu'une prévision astrologique... Mais durant ce meeting à Londres, un des participants a offert une réponse très différente, et particulièrement intéressante à mes yeux. Sur le terrain, la représentation de la marque serait avant tout selon lui à mettre en relation avec le type éditorial : le type de contenu déteminerait automatiquement le degré de visibilité de la marque ! Pour prendre un simple exemple, on considère en général dans le monde du sport que les marques font partie du paysage : celles-ci sont donc libres de s'assurer une présence notable sur le terrain. En revanche, quand il s'agit de documentaires, une trop grande présence de la marque nuit à l'objectivité (et par voie de conséquence à la crédibilité) du contenu. Le point fondamental qu'il y a à comprendre ici, c'est qu'il ne faut pas se demander si la marque est trop discrète ou trop visible, en matière de brand content : ce qui est important, c'est de déterminer si le niveau de visibilité coïncide avec le style du contenu ! La marque, mais aussi sa visibilité, doivent par conséquent être au service du contenu pour que la symbiose soit profitable. Pour en savoir plus, je vous recommande la lecture du site sur ce séminaire entreprise à Londres qui est très bien fait sur ce sujet.

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20 octobre 2017

Les jeunes de Macron

C'est une curiosité que ne manquent pas de rappeler chacun des quatre cofondateurs: les JAM se sont lancés en juin 2015, presque un an avant En Marche!, en soutien à celui qui n'était à l'époque qu'un jeune ministre de l'Economie, porteur d'une loi emblématique. Issus d'un courant du Mouvement des jeunes socialistes baptisé "La Relève", ces quatre-là ont su faire prospérer leur affaire durant les campagnes présidentielle et législative et ont profité du courant ascendant. Deux d'entre eux sont devenus députés - Pierre Person et Sacha Houlié - un autre travaille au service communication de l'Elysée - Jean Gaborit - et le quatrième au cabinet de la présidence de l'Assemblée nationale - Florian Humez. Au total, 17 anciens "JAM" sont devenus parlementaires et ont souvent recruté leurs anciens camarades comme collaborateurs, prémices d'un petit réseau. Après la conquête, les Jeunes avec Macron se cherchent de nouveaux objectifs. Lycées et universités sont leur cible naturelle, alors qu'un "plan étudiant" doit voir le jour avant la rentrée 2018, et que l'exécutif a besoin de capteurs dans ce milieu potentiellement très inflammable. "Initialement on avait une population de jeunes actifs. On met désormais toutes nos forces sur les facs et les lycées", confirme Sarah Rolot, une porte-parole des JAM, en soulignant la création récente des "Lycéens avec Macron". "Les JAM vont prendre une forme hybride entre l'association, le parti, le syndicat étudiant", résume Sacha Houlié. Les "JAM", qui devraient tenir un congrès d'ici à "la fin de l'année" selon un des cofondateurs, vont ainsi devenir l'organisation de jeunesse officielle de la République en marche, pérennisant des financements. De sources concordantes, l'acronyme "JAM" devrait subsister, mais avec une déclinaison différente afin de se détacher symboliquement du chef de l'Etat et décoller l'image de "petites mains" et "fan club". Des référents départementaux ont été installés mais aussi des "personnes relais dans les facs, qui organisent des opérations, font de la remontée d'informations", détaille Sarah Rolot. A la rentrée, environ 200.000 tracts valorisant les actions du gouvernement pour la jeunesse ont été imprimés. "L'idée est de faire de la pédagogie dans les universités" afin de "ne pas laisser le terrain à La France insoumise" qui tisse aussi sa toile dans les facs, souligne Pierre Person. "C'est un peu une coquille vide. La seule chose qu'ils proposent aux jeunes, c'est de dire : +oui, je suis d'accord+", grince en retour David Guiraud, un responsable des "Jeunes insoumis", à propos des JAM. Les JAM marchent aussi sur des oeufs avec les syndicats étudiants traditionnels, l'Unef (classée à gauche) et la Fage (apolitique), qu'il ne faut "pas brusquer", dixit un cofondateur. La plupart des responsables de l'association jugent ainsi hasardeux de présenter des candidats aux prochaines élections dans les universités, surtout au vu des "bonnes relations" actuelles avec la Fage. "Ce n'est pas la première fois que les partis politiques essaient de s'implanter dans le milieu étudiant, et comme tous les autres, je ne doute pas du fait qu'ils vont se planter", prédit ainsi Jimmy Losfeld, président de la Fage, qui insiste sur la faible implantation des JAM. "Macron a réussi un beau coup dans les jeux qu'il a faits avec les partis politiques mais dans le milieu étudiant, la seule chose qui marche c'est d'être présent au quotidien sur les campus, et pas seulement le jour des élections. Or on ne les voit pas du tout", explique-t-il encore.

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29 août 2017

Le soutien aux jeux vidéos

Le soutien aux entreprises du jeu vidéo en France passe pour l’essentiel par une aide au financement de l’amont (création), dont l’équilibre économique est le plus délicat, notamment à travers une incitation à conserver les droits de propriété intellectuelle sur les créations. Ces aides sont soit de nature transversale, soit spécifiques aux entreprises du jeu vidéo. Le crédit d’impôt recherche (CIR) permet de déduire une partie de leurs dépenses de recherche et développement (R&D) de leur impôt sur les sociétés. Le CIR s’élève à 30 % de ces dépenses dans une première tranche jusqu’à 100 M€, puis 5 % au-delà. Les entreprises du secteur des jeux vidéo sont susceptibles d’en bénéficier car elles réalisent des activités de R&D importantes dans les phases de conception du jeu. La loi de finances pour 2013 a créé le crédit d’impôt innovation (CII) qui est calculé sur les dépenses (de personnel, d’achat d’immobilisations, de prise de brevets ou dépôt de dessin) engagées par les PME en vue de la « conception de prototypes ou installations pilotes de nouveaux produits ». Son taux est fixé à 20 % des dépenses engagées avec un plafonnement à 80 000 €. Les studios de développement sont particulièrement susceptibles d’en bénéficier. Le dispositif « jeunes entreprises innovantes » (JEI) s’applique également potentiellement aux entreprises du jeu vidéo. Pour bénéficier du statut de JEI, l’entreprise doit être une PME indépendante de moins de huit ans d’existence et réaliser des dépenses de recherche représentant au moins 15 % des charges fiscalement déductibles au titre d’un exercice. Ce statut ouvre doit à des avantages fiscaux et sociaux limités dans le temps : exonération d’impôt sur les bénéfices et d’impôt forfaitaire annuel (IFA), exonération d’impôt sur les plus-values de cession de titres pour les associés de la JEI, allègement des cotisations sociales patronales pour les salaires versés aux personnels participant à la recherche. Enfin, certains pôles de compétitivité sont susceptibles d’accueillir des entreprises du jeu vidéo, afin de leur faire profiter des effets d’agglomération liés aux pôles et des financements liés à des appels à projets financés notamment par le fonds unique interministériel (FUI). Les principaux pôles de compétitivité orientés vers l’industrie vidéoludique sont, en Ile-de-France, le pôle Cap Digital qui rassemble 640 entreprises et 170 laboratoires autour des technologies de l’information et de la communication (jeu vidéo, design, média, interactivité, ingénierie des connaissances) et, en Rhône-Alpes, le pôle de compétitivité Imaginove qui regroupe 165 entreprises autour des contenus numériques (jeu vidéo, cinéma, audiovisuel, animation et multimédia).

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14 juillet 2017

American touch

Voilà un voyage que je ne suis pas près d'oublier : le mois dernier, j'ai en effet arpenté avec mes enfants les Etats-Unis... en camping-car ! Cela peut sembler un peu étrange, mais cela nous a permis d'explorer toute la côte ouest en toute liberté ! Un voyage inoubliable, tant pour mes enfants que pour moi ! A un moment, cependant, j'ai pas mal échangé avec certains américains, lors d'une de nos étapes. Nous avons discuté de nos pays respectifs et j'ai été fasciné de voir combien nous avons des points de vue différents sur presque tout. Ce n'est pas que l'océan Atlantique qui nous sépare, en fin de compte. Ca va bien au-delà. Regardez par exemple la vénération qu'ils ont pour les armes à feu. Il y a encore quelques jours, plusieurs personnes sont décédées lors d'une fusillade. C'est malheureusement une constante, là-bas. Mais les résidents avec qui j'ai parlé ne remettaient pas en cause les armes à feu pour autant ! Ils ne l'envisageaient même pas ! Mais ce qui a le plus choqué mes enfants là-bas, c'est l'obésité. Si elle n'augmente pas chez nous, elle bat carrément des records aux Etats-Unis : elle affecte 35% des hommes ! Un homme sur trois ! Et malgré tout, leur président a mis un terme à la guerre contre la malbouffe qui avait initiée par Michelle Obama. A ce propos, comment ne pas parler de leur sémillant président, justement ? Si Trump nous semble complètement branque, il est plutôt bien accepté, là-bas. Certains sont même enchantés par les idées de celui-ci, et trouvent que la justice s'acharne injustement contre lui ! Ils ne cillent même pas quand Trump dit que le changement climatique est une invention des chinois pour nuire à l'économie américaine ! C'est clairement un pays grandiose à découvrir, mais où je n'irai jamais vivre... Au passage, si vous envisagez de voyager aux Etats-Unis, je vous invite à le faire comme nous : en camping-car ! C'est le rêve, tout simplement. On est beaucoup plus libre de ses mouvements que dans un hôtel ! Vous pouvez aller sur le site où j'ai trouvé cette idée, si ça vous intéresse... Davantage d'information sur cette location de camping car aux USA en suivant le lien.

 

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26 juin 2017

La vallée de la mort

Les services météo américains n'avaient jamais mesuré des températures si hautes si longtemps, notamment en Arizona, où des avions sont restés cloués au sol. A côté, la vague de chaleur record qui touche la France semble bien inoffensive. Le sud-ouest des Etats-Unis connaît depuis plusieurs jours un épisode de chaleur sans précédent, au point que des avions sont restés cloués à l'aéroport de Phoenix, où la compagnie Americain Airlines a été contrainte d'annuler plus d'une quarantaine de vols mercredi. Et pour cause: ses modèles Bombardier CRJ ne sont fonctionnels que s'il fait moins de 47,7 degrés. Un seuil dépassé dans la capitale de l'Arizona, où la température flirtait avec les 48 degrés. Dans le désert de l'Arizona, jamais des températures si fortes n'ont été enregistrées sur une telle période, dépassant le record de six jours consécutif établi en 1994. Le service météo national a ainsi évoqué pour Phoenix une vague de chaleur "extrême, même au regard des standards d'un désert". La vague de chaleur s'étire jusqu'à la Californie, où une alerte canicule a été lancée. A Sacramento, la capitale californienne, des météorologistes se sont ainsi amusé lundi à cuire du bacon dans une voiture, évoquant une température de l'air de 93°C (200°F). Plusieurs coupures d'électricité ont été signalées à travers la Californie, la population ayant davantage recours aux appareils de climatisation ce qui sollicite le réseau électrique au-delà de ses capacités. Plusieurs départs de feux ont en outre été répertoriés dans l'Etat, en particulier dans la forêt nationale de San Bernardino. Dans la Vallée de la mort, l'un des endroits les plus chauds de la planète, une température de 54°C (130°F) a été enregistrée. Des touristes n'hésitent pas à s'y rendre pour se faire photographier avec le thermomètre local.

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29 mai 2017

Le luxe et Paris

Le marché mondial du luxe est composé de 4 segments majeurs : les parfums et cosmétiques, la joaillerie – horlogerie, la mode, les accessoires et la maroquinerie. Ce marché est en forte croissance depuis les années 2000, le marché étant passé de €128 Mds en 2000 à € 212 Mds en 2012, soit une hausse globale de +66 % en 12 ans. La croissance du marché a d'ailleurs connu une accélération significative à partir du milieu des années 2000, avec une croissance annuelle moyenne de +5,4 % entre 2005 et 2012, malgré les crises de 2007 et 2009. La croissance du marché du luxe est tirée par le développement des marchés émergents, la plus forte pénétration des marques sur le segment de la joaillerie, le développement de l'offre notamment en accessoires et maroquinerie (plus de marques et d'innovations), un effet prix lié à l'augmentation du prix des matières premières, un effet mix-produit tiré par les produits premiums et l'essor du marché masculin. Le marché mondial du luxe devrait ainsi croître de +7 % par an entre 2010 et 2015, principalement tiré par la maroquinerie et l'horlogerie/joaillerie. Sur ce marché, Paris occupe une place de leader. En effet les groupes de luxe parisiens représentent près de la moitié du chiffre d'affaires réalisé par les grands groupes mondiaux du luxe, et l'Ile-de-France compte 7 des 21 plus gros acteurs mondiaux du secteur du luxe. L’industrie du luxe parisienne dispose de nombreux atouts lui permettant de conforter sa position dominante. Le premier est un savoir-faire artisanal reconnu mondialement, qui permet à Paris de conforter son statut de leader historique sur ce marché. Le second, conséquence du premier, est un patrimoine et une image très forte, qui font de la marque "Paris" une référence absolue dans le secteur du luxe. Ces avantages historiques continuent de porter du fruit puisque les groupes français du luxe sont très bien positionnés en termes de chiffre d'affaires, de croissance et de marge opérationnelle. Les 7 leaders franciliens réalisent un chiffre d'affaires cumulé de près de €50 Mds, représentant environ 45 % du chiffre d'affaires des 21 plus grands groupes de luxe mondiaux. LVMH est d'ailleurs le leader incontesté du marché, réalisant à lui seul un chiffre d'affaires de €28,1 Mds.

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24 mai 2017

Découvrir l'Andorrehttp://www.voyagegroupe.fr/destinations/voyage-groupe-europe/voyage-groupe-andorre/

Pendant des années, j'ai rejeté l'idée de voyager en groupe. Mais ces derniers temps, je m'y essaye. Tout récemment, j'ai ainsi réalisé un voyage de groupe à Andorre lors d'un voyage de groupe. Voyager de son côté ou en groupe, ce sont deux expériences très différentes, et chacune d'entre elles a ses atouts et désavantages. Lorsqu'on voyage seul, ce qui est le plus prodigieux, c'est la facilité avec laquelle on peut faire connaissance avec les autochtones. Il est plus facile de faire connaissance avec eux, et cela donne presque toujours de faire de belles rencontres, qui vous font dire que l'homme n'est pas toujours un loup pour l'homme. Bien entendu, ça s'accompagne souvent d'angoisses. Parce que quand vous vous retrouvez seul en terre étrangère, au milieu de personnes qui ont une culture très différente, on est pressé de retourner chez soi. Cela dit, ça permet d'apprendre à se débrouiller, et l'on en revient avec plus d'assurance. Le voyage de groupe offre une expérience radicalement différente. C'est nettement plus paisible, puisque c'est une agence qui se préoccupe de l'hébergement et des visites : on n'a donc qu'à profiter de l'expérience. Néanmoins, je crois que c'est surtout l'ambiance qu'on y trouve et le sentiment de faire partie d'un groupe. C'est une expérience un peu compliquée à décrire à quelqu'un qui n'a jamais voyagé avec ses semblables. Le seul fait de vivre en communauté pendant plusieurs jours engendre une alchimie très spéciale et résolument inoubliable. Evidemment, il y a des personnes qu'on n'apprécie pas, et le fait de devoir supporter leur compagnie vous donne envie de les jeter par la fenêtre du bus. Mais l'inverse est aussi vrai, et l'on fait aussi de belles rencontres. Les liens qu'on crée durant le voyage durent rarement une fois chez soi (quoique ma femme et moi correspondons encore beaucoup avec un couple rencontré lors d'un voyage), mais cela fait partie des règles du jeu. Ce qui importe, au final, c'est d'avoir pu profiter de ce moment de connivence, même si ce n'était que pour quelques jours. Je vous mets en lien l'agence où j'ai déniché mon voyage de groupe : le programme permet de bien explorer Andorre est une excellente destination.Pour en savoir plus, je vous recommande la lecture du blog sur ce voyage groupe à Andorre qui est très bien fait sur ce sujet.

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23 avril 2017

Ciao, la « Mob » des Italiens

La jeunesse française avait la Mobylette ou le Peugeot 103 (104 aussi, à la rigueur…). La jeunesse italienne, elle, chevauchait un Ciao. Lancé par Piaggio il y a cinquante ans, ce vélomoteur a rempli de l’autre côté des Alpes la même fonction que chez nous : permettre aux adolescents des années 1970 et 1980 de concrétiser leurs velléités d’autonomie. Mais avec des spécificités qui en faisaient un engin très italien. Le Ciao – en voila, un nom qui claque ! – est présenté le 11 octobre 1967 sous la grande coupole du palais des sports de la Foire maritime de Gênes par Umberto Agnelli. Frère cadet de l’Avvocato Giovanni Agnelli qui préside aux destinées du groupe Fiat, il dirige depuis deux ans la société Piaggio, grand spécialiste du deux-roues à l’italienne, autrement dit, de la Vespa. Un cortège exclusivement féminin défile sur la piste installée pour l’occasion. A la manière de celui qui avait été organisé dix ans plus tôt avec des mannequins debout à bord de la toute nouvelle Fiat 500 pour saluer la foule. Le Ciao, pourtant, n’a rien à voir avec un scooter. C’est un cyclomoteur de 49 cc, donc utilisable dès 14 ans, destiné à motoriser toute la famille jusque dans l’Italie profonde, là où la route n’est pas forcément goudronnée. Moins cher, moins lourd et plus stable grâce à ses grandes roues que le scooter mais pas très puissant, il convient aussi aux urbains. Ses performances se situent à mi-chemin entre le Solex et la Mobylette. Son concept aussi. La petite pétrolette de Piaggio a droit à un monocylindre de 49,9 cm3 mais celui-ci est anémique quoique certains le soumettent à une cure de gonflette. C’est bien suffisant pour convenir à la partie cycle qui fait dans le poids-plume. Pas cher, l’engin présente une première série équipée d’un frein de bicyclette à l’étrier. Suivra un embourgeoisement grandissant avec le Ciao P (sans amortisseur à l’arrière), puis le Ciao PX (avec un amortisseur sous le porte-bagages) et le Ciaomix (avec graissage d’huile séparé). Le pétaradant petit Piaggio met à profit sa légèreté pour permettre aux citadins de slalomer dans les rues étroites du centro città et, surtout, aux adolescents de conquérir leur indépendance. Avec un Piaggio, on peut sortir le soir et monter à deux, malgré la selle monoplace. A l’approche de ses 14 ans, on commence à en réclamer un aux parents. Air connu… Accessible, économique et facile à piloter (soit on ferme les gaz parce que l’on est à l’arrêt, soit on « dévisse » la poignée droite pour aller tangenter les 40 km/h), le Ciao a aussi été conçu pour les filles. Elles vont rapidement se l’approprier et largement contribuer au succès de ce petit cyclomoteur qui sera produit à plus de 3,5 millions d’exemplaires entre 1967 et 2006. Dont une version utilitaire Ape (« Abeille »)à destination des coursiers ou artisans,équipée de deux roues arrière portant une remorque. En France, le Ciao est parvenu à se faire une petite place entre les gammes Motobécane et Peugeot. On le trouve davantage au sud de la Loire qu’au nord et son allure fluette ne plaît pas forcément aux garçons de ces années-là qui ne le trouvent pas assez viril. Comme en Italie, ce sont surtout les filles qui adoptent le Piaggio. Elles se moquent bien de l’absence de compteur de vitesses et que le Piaggio fasse moins « moto » que les Mobylettes ou les Peugeot. Ce qu’elles aiment, c’est le joli petit phare haut perché et la position de conduite reposante. Finalement vaincu par le retour du scooter dans les années 1980, le petit Piaggio a laissé un legs derrière lui. Il est sans doute à l’origine du penchant particulier des Italiens pour les scooters à grandes roues.

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21 avril 2017

Haut vol

Si j'ai déjà réalisé de nombreuses activités étonnantes au cours de ma vie, l'une d'elles manquait encore à mon palmarès : effectuer un vol en avion de chasse. Une erreur que j'ai finalement réparée hier. L'aventure a eu lieu à l'aéroclub de Rennes, où je me suis présenté vers 10 h. J'avais eu du mal à m'endormir la veille au soir en pensant à ce qui m'attendait. Après qu'on m'ait expliqué le fonctionnement de l'appareil ainsi que les procédures de sécurité, j'ai pu enfiler mon uniforme de vol avant de me rendre sur le tarmac. C'est là que le Fouga patientait. L'appareil revenait justement d'un vol. En m'approchant de l'appareil, j'ai donc croisé le précédent baptisé... qui était blanc comme un linge. Je lui ai demandé comment ça s'était passé et il m'a répondu qu'il avait eu droit au voile noir et avait perdu connaissance pendant quelques secondes. Pas rassurant, ça ! C'est donc l'estomac noué que j'ai grimpé dans le cockpit et me suis attaché à mon siège. Après toute une série de check-lists, on est enfin parti. Je pensais être plaqué contre mon siège au moment du décollage, mais l'accélération est en réalité très régulière. Au début, j'ai surtout été frappé par la sensation de puissance que dégage l'appareil : celui-ci ne tangue pas malgré le vent. Nous avons attaqué avec un petit vol d'initiation, avant de poursuivre avec un vol à basse altitude. Enfin, le pilote m'a informé qu'on allait commencer la voltige. Et là, ça a été un choc. J'avais lu beaucoup de choses sur le sujet, mais il y a une différence entre savoir et ressentir. On a commencé par un petit huit. J'ai aussitôt pesé trois fois mon poids. J'ai essayé de lever le bras mais on aurait dit que j'avais un gant en plomb. J'avais l'impression que mes joues tombaient, comme si on tirait dessus. A la sortie du huit, le pilote m'a demandé si je voulais continuer. Et comment que je voulais ! Le pilote s'est alors mis à enchaîner les figures. Elles se suivaient à toute allure : breaks, looping, vol dos, tonneaux... Tout y passait. Durant les brefs moments d'accalmie entre les enchaînements, j'essayais de retrouver mes repères, mais tout allait trop vite. Le pilote me demandait constamment si j'étais encore conscient, et je répondais chaque fois par l'affirmative. Parce qu'en dépit des acrobaties qui allaient croissant, je me sentais parfaitement bien. Pas de voile noir en vue, pas de vertige. Curieusement, c'est une fois la voltige terminée que j'ai fini par me sentir nauséeux. En fin de compte, j'ai rempli le petit sac livré en début de vol. Mais hormis cette note finale, je ne regrette pas du tout cette aventure extraordinaire ! Suivez le lien pour tout savoir sur ce vol en Fouga Magister.

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16 mars 2017

Le Sénat renforce les obligations comptables des partis politiques

Le Sénat a adopté mercredi une proposition de loi destinée à renforcer les obligations comptables des partis politiques et des candidats aux élections, afin de renforcer la transparence de leurs financements. Le texte déposé par le groupe PS a été voté par l'ensemble des sénateurs, à l'exception de ceux du groupe Communiste républicain et citoyen (CRC) qui se sont abstenus. "Cette proposition de loi s'origine dans l'emprunt russe contracté par le Front national, révélé par la presse, contesté par le parti avant d'être reconnu par lui", a déclaré Alain Anziani (PS) en présentant le texte. "Il n'était d'ailleurs pas illégal, mais il pose la question de la transparence du financement des partis politiques", a-t-il poursuivi en rappelant que ce texte ne traite pas de l'élection présidentielle, "qui nécessiterait une loi organique". Le texte reprend une disposition de la loi Sapin 2 censurées par le Conseil constitutionnel parce qu'elle n'avait pas de lien avec le projet de loi initial. Il crée l'obligation aux candidats d'indiquer les montants des emprunts souscrits et les identités des prêteurs dans les comptes de campagne pour l'ensemble des élections, sauf l'élection présidentielle. La proposition de loi complète aussi les obligations faites aux partis politiques. Les montants, conditions, traçabilité des emprunts, ainsi que l'identité des prêteurs, devront obligatoirement figurer, chaque année, en annexe de leurs comptes certifiés. La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) rendra public l'ensemble de ces informations "Ce n'est pas qu'une question de transparence, mais aussi d'indépendance", a plaidé Jean-Yves Leconte (PS, Français de l'étranger) au sujet de l'emprunt russe du FN. Il a raconté qu'en avril 2014, à Moscou, des parlementaires russes lui ont expliqué "que si Marine Le Pen était reçue les bras ouverts en Russie, c'est que l'Union européenne agissait contre les intérêts de leur pays, et que Marine Le Pen voulait la fin de l'Union européenne...". "Nous ne pouvons cautionner un coup d'épée dans l'eau", a en revanche lancé Eliane Assassi (CRC) en qualifiant le texte "d'opportunité". "Peut-il prétendre répondre à la grande attente de refondation de la vie politique exprimée par nos concitoyens, alors que leur confiance est fortement atteinte par la polémique provoquée par les malversations supposées de l'un des candidats à la présidentielle, et non des moindres'", a-t-elle demandé. Le projet de loi doit être examiné le 16 février par les députés. En cas de vote conforme, son adoption sera définitive.

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